« Que vont dire de tout cela les habitués des berges de la Seine, les mères de familles qui y venaient promener leurs enfants, les amateurs de solitude et de tranquillité qui s’y reposaient, les peintres, les retraités qui venaient y flâner avec leurs chiens, les clochards, les amateurs de bains de soleil ? »
Cette question a été posée par un journaliste à des promeneurs et promeneuses des berges de Seine, en 1964 –la référence aux mères de familles promenant leurs enfants pouvaient représenter une indication sur l’époque-, au moment où le chantier de la voie express sur berge allait être lancé. « Ce sera moins agréable », « Il y aura beaucoup plus de voitures alors qu’il en a déjà beaucoup », « Toute la poésie s’en va. » furent les réponses glanées.
http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/CAF93021786/paris-par-sa-grande-rue-autoroute-des-berges.fr.html
La poésie irriguera de nouveau et bientôt les berges de la Seine ! L’engouement suscité par l’enquête publique prouve, haut combien, que la Seine possède une aura particulière ; véritable colonne vertébrale et âme de Paris.
La reconquête des berges de la Seine faisait partie intégrante du programme de la majorité municipale de gauche et écologiste de la première mandature. Hier, le compte-rendu de l’enquête publique sur l’aménagement des berges de la Seine, qui a recueilli de la part de la commission un avis favorable à la poursuite de l’opération, a été adopté en Conseil de Paris.
J’ai saisi cet espace de débat qu’offre l’hémicycle pour exprimer mon enthousiasme de voir un espace public attentif à l’environnement, à l’histoire d’un site, à l’humain reprendre peu à peu ses droits, mais aussi pour affirmer quelques réserves et inquiétudes sur certains partis pris du projet. Ainsi, des incertitudes sur la redéfinition de la place des voitures dans la Ville et le long de la Seine persistent. Seule la rive gauche sera fermée à la circulation. La rive droite, quant à elle, deviendrait un boulevard urbain. L’existence d’une clause de réversibilité –c’est-à-dire qu’il serait possible de rétablir en totalité ou partiellement la circulation sur simple décision de l’Etat ou du propriétaire de l’espace foncier- jette une zone d’ombre. Il ne s’agit pas non plus de faire des berges de Seine un vaste salon d’animation. Or, la présence de deux entreprises de l’événementiel sur les quatre chargées de définir le sens de l’aménagement interpelle et invite à une vigilance. Le paysagisme et l’inscription de la Seine dans une continuité écologique de l’écosystème parisien devraient primer sur la logique de consommation d’un territoire.
Ce projet représente une étape vers une Ville plus respectueuse de son environnement. A nous, de l’approfondir !
Voici mon intervention : Continuer la lecture →